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Lors de mon arrivée à Lyon, j'ai eu la chance de connaitre pendant quelques mois le bel ancêtre du Daily Monop: le cinéma Ambiance. C'était alors la seule note attractive de cette interminable Rue de la République. Aujourd'hui, à quelques mètres de là, le projecteur du cinéma Odéon, l'un des trois plus vieux au monde, a définitivement rendu l'âme. Et les chances de se refaire une toile quartier Grôlée sont maigres, voire nulles. La ville de Lyon est d'une part restée très discrète à ce sujet là. Seul le ministre Frédéric Mitterand s'est dit prêt à se battre pour la réouverture. Et d'autre part, le quartier a déjà chassé tous ses commerçants ou presque dans l'optique de devenir une Rue du Faubourg St Honoré, made in Lyon.

Au final, ce ne sont "que" quatres salles qui ont disparu de la Presqu'île. Donc quatre chances de moins (24 par jour si un écran équivaut à un film projeté quatre fois par jour) pour voir des films non-projetés ailleurs ou projetés ailleurs à des horaires moins intéressants pour le public. Et ces quatres salles pourraient devenir une dizaine si tous les autres cinémas d'Art et d'essai de la Presqu'île fermaient. Que nous restera-t-il en contrepartie? Moins de chance de s'éveiller l'esprit et découvrir d'autres sociétés en tant que spectateur de films iraniens, coréens, israéliens, japonais... Moins de chance de vivre "une nuit des solitaires" (cf Marguerite Duras) le temps de quelques minutes en plein coeur de la ville... Plus de chances de se rabattre sur les multiplexes, sauf si on se déplace vers les autres salles survivantes dans d'autres arrrondissements. Le Pathé Bellecour tente d'affiner son image en proposant à présent tous ses films en VO. Mais une VO n'est en rien gage de qualité d'un film.

Puis surtout, ces "grands" cinémas comptent d'autres fléaux. Les séances deviennent nuits de l'angoisse. Crocs de dents dans des glaces magnum, tirage en boucle du loto pop-corn, pshhhhh des bouteilles de soda, cris stridents des emballages de chips qui font de la résistance... Hier, je suis allé voir Un prophète, film évènement à Cannes et unanimement salué par la critique. Un sujet dur, une immersion totale dans le monde carcéral, une atmopshère lourde... Mais qu'ai-je ressenti à la fin de la séance? Mon regret d'être venu voir ce film ici, dénaturé du début à la fin par des conversations téléphoniques à peine dissimulées, des bulles de chwing-gum sourdement éclatées, des ricanements face à la nudité exposée dans le film, jamais stoppés malgré les "chut" des uns et des autres. Hélas, l'insolence et l'impolitesse de quelques individus envers les autres spectateurs et le film lui même deviennent une expérience récurrente dans ces salles, que ce soit devant le magique "La haut", le subtil "Demain dèss l'aube"ou le magistral "Gran torino". Et ces salles vont encore se multiplier puisque ouvrira un nouvel UGC à la Confluence. UGC qui tente d'ailleurs de chagriner le Comoedia dans le VII° arrondissement.

Que nous reste-il à faire? Boycotter ces mass-cinémas pour savourer davantage la beauté du septième art? Cette dégénérescence de l'accès à cet art résonne comme une mauvaise série Z à Lyon, pourtant berceau du cinématographe.

AlexM

Mar 6 oct 2009 1 commentaire

le Cinéma avec majuscule n'est plus : ni produit, ni projeté en ville ... il se meurt

Claude83 - le 21/09/2010 à 12h08