Lu hier dans le quotidien SUD OUEST:
« La station biarrote n'apparaît pas dans le palmarès du dernier magazine « Têtu » parmi les villes les plus « gay-friendly » du pays. « Certains regretteront de ne pas trouver Biarritz ou La
Rochelle », peut-on lire dès les premières lignes de l'article, qui se consacre aux villes de plus de 100 000 habitants.
Biarritz est réputée depuis les années 1950 comme un eldorado pour la gente homosexuelle, essentiellement pour sa vie nocturne. La discothèque mythique Le Caveau en est le symbole, depuis près de
50 ans. « Ca a évolué, explique le patron Jean-Claude Garnier. Au début, les gens n'entraient que s'ils connaissaient quelqu'un, puis on a ouvert une porte, deux portes... Le mélange, bénéfique
pour tout le monde, rend les gens plus abordables et adoucit les mœurs. L'ambiance gay est devenue synonyme de fête. »
De nouveaux lieux tendance et « gay-friendly » continuent d'ouvrir, comme le Mirano. Cet hôtel, ouvert il y a un an et demi, revisite les années 70 dans sa décoration. Sa clientèle est mélangée. «
Même si nous n'avons pas voulu en faire un lieu dédié, explique l'associé Jean-Daniel Lissardy, les couleurs vives, orange, violet et turquoise, font que les gays s'y retrouvent ». Et le gérant
Ramuntxo Hacala insiste parlant de son hôtel comme « friendly des gens, où l'on vient avant tout pour l'ambiance ».
Le restaurant Le Passage, avenue Édouard VII, se calque aussi sur cette image. Le gérant, Eric, apprécie le mélange de sa clientèle : « Quand on s'est installé ici, je n'ai pas voulu être
répertorié comme lieu gay. Mon souhait est de vivre avec tout le monde. Chez moi, les mamies côtoient les couples homo, et ça se passe dans la bonne humeur ! » Éric goûte le confort d'habiter une
ville où l'on se sent bien partout lorsqu'on est gay. « Les gens ont besoin de repères, et ici on ne s'est jamais senti mal. »
Pourtant, de l'avis général, la belle époque est révolue. Sébastien Aubry, qui a créé il y a un an un site répertoriant les adresses gay de la région, regrette la disparition progressive de
l'animation nocturne. Et il n'est pas le seul.
« La ville est moins festive depuis quelque temps. Beaucoup d’établissements gays ont fermé à cause des problèmes de voisinage. Il ne reste ici que deux vrais établissements : le BoBar et l’Excuse
», affirme Hervé, le trésorier de la délégation locale de la LGP (Lesbian and Gay Pride). L’Excuse s’affiche comme un lieu gay, même si la gérante, Christiane, accepte tout le monde dans son
établissement, du moment que chacun respecte l’autre.
Pour le président de la Lesbian and Gay Pride Biarritz (LGP), Kriss Stephany, la ghettoïsation de la population gay a disparu depuis longtemps à Biarritz. Et la ville reste un haut-lieu pour
beaucoup d'homosexuels de la région, au même titre que Toulouse et Bordeaux dans le Sud-Ouest, avec ses traditionnels rendez-vous galants au Phare, par exemple.
« Il n'y a pas assez de lieux communautaires ici, déplore Kriss, car le 100 % homo n'est plus accepté. Pourtant, ces endroits ne sont pas des ghettos. Et ils permettent aux jeunes d'apprendre à
assumer leur identité sexuelle sans crainte. »
Le jeune homme pense que les lieux gays sont nécessaires pour une prévention efficace contre le VIH et une écoute active. D'où sa demande depuis plusieurs mois d'un local associatif à la mairie. «
À l'époque du franquisme, les Espagnols en quête de rencontres homosexuelles, aimaient venir se lâcher ici », se souvient le trésorier de la délégation, Hervé Khelifa-Mialon. Selon lui, on assiste
à une « paupérisation » du phénomène « gay-friendly » biarrot.
« A Biarritz, il y a deux minorités, les jeunes et les hétérosexuels. » La formule de ce serveur saisonnier originaire de Paris est entrée dans la légende. Ici, entre le Phare et la plage des 100
Marches à Bidart, hauts lieux gays par excellence, existe en parallèle une communauté homosexuelle bien plus discrète, que l'on pourrait même qualifier de secrète. « Vous ne nous verrez jamais
défiler en tête de la Gay pride, c'est certain », sourit l'un d'entre eux. Patrons de boutique de mode ou d'agence immobilière, artistes (chorégraphe, chansonnier) ou intellectuels (écrivain,
éditeur, journaliste), ces Biarrots-là font partie intégrante de la bourgeoisie locale. Installée et influente dans la vie de la station balnéaire. « Mais, attention, précise le même homme, il ne
faut pas nous donner plus de pouvoir que nous n'en avons ! Contrairement à la légende, il n'existe pas de lobby homo, nous n'avons pas de revendications particulières. »
Source : d’après l’article d’ ARMELLE PARION pour Sud Ouest
Publié dans : Envie de sortir Lyon ?
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Jeudi 12 mars 2009
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