SORTIE DU LIVRE "Rudolf Brazda. Itinéraire d'un Triangle rose" - Jean-Luc Schwab - éd. Florent Massot - 253 p. - 19,90 euros
Discours du chef nazi HimmIer sur l'homosexualité prononcé le 18 février 1937
« II faut abattre cette peste par la mort.»
Autre discours d'HimmIer 16 novembre 1940
Des dizaines de milliers d'homosexuels furent déportés par les nazis. L'organisation de cette déportation ne fut cependant pas systématique et les déportés homosexuels n'étaient pas exterminés à leur arrivée dans les camps contrairement aux Juifs et aux Tsiganes.
En Allemagne, depuis le XIXe siècle, l'article 175 du code pénal punissait l'homosexualité. Cet article fut particulièrement appliqué après l'arrivée de nazis au pouvoir et plus nettement encore après 1938. Les homosexuels arrêtés étaint d'ailleurs surmommés les « Hundert-fünf-und-siebzig », les "175", dans les camps. «Libéralisé» en 1969, le paragraphe 175 du code pénal n’a formellement disparu qu’en 1994, à la faveur de la réunification. Cinquante-cinq ans. C’est le temps qu’il aura fallu à l’Allemagne pour se préoccuper officiellement des dizaines de milliers d’homosexuels déportés sous le régime nazi.
Le probable dernier "Triangle rose" survivant des camps nazis, Rudolf Brazda, livre à l'aube de ses 97 ans un témoignage unique et bouleversant sur l'histoire des déportés pour homosexualité.
Matricule 7952 au camp de concentration de Buchenwald à partir de 1942, Rudolf Brazda est né en 1913 près de Leipzig de parents tchèques émigrés en Allemagne. Il sera condamné deux fois par le régime nazi en raison de son homosexualité, puis déporté 32 mois à Buchenwald.
Le témoignage de Rudolf Brazda constitue une facette d'une vérité historique assez peu documentée, la déportation pour homosexualité, mais raconte aussi la vie d'un homme à la capacité d'émerveillement toujours intacte malgré les épreuves et son grand âge.
Après la libération du camp, il s'installe en Alsace avec un compagnon qui partagera sa vie pendant plus de 50 ans. Il raconte aussi cet "après" beaucoup plus heureux.
Sous le nazisme, plus de 50.000 homosexuels ont été condamnés en vertu d'un article du code pénal abrogé seulement en 1969.
Des déportés homosexuels ont été soumis à des expérimentations médicales: injections hormonales, voire lobotomies ou castrations. Certains furent ainsi livrés aux chiens des S.S. qui les dévorèrent devant les autres déportés.
Pendant longtemps, la déportation des homosexuels fut niée, cachée ou
sous-estimée.
A la fin des années 1990, des organisations d'homosexuels tentèrent de participer aux cérémonies de commémoration, déposèrent des gerbes avec le triangle rose. Cela fut
pris comme une provocation par beaucoup des organisations traditionnelles de la résistance. Les associations représentatives des homosexuels en France et des sites Internet eurent parfois
tendance à surestimer le nombre d'homosexuels déportés et quelques-uns chargèrent la barque au point de parler de "génocide" des homosexuels et de comparer la déportation homosexuelle à la
Shoah.
De leur côté, certaines associations de résistants ou de déportés nièrent la déportation homosexuelle et rejetèrent avec parfois une certaine violence, au moins
verbale, les homosexuels des cérémonies de commémoration.
A voir également en DVD :
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AMANTS DES HOMMES - Reportage
Durant le régime nazi, pour faits d'homosexualité, 100000 hommes furent
arrêtés, 15000 furent déportés, dont 210 Français.
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PARAGRAPHE 175 - Documentaire
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BENT - Film
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UN AMOUR A TAIRE - Téléfilm Acteurs : Jérémie Rénier, Bruno Todeschini, Michel Jonasz, Charlotte de Turckheim, Louise Monot Réalisateur : Christian Faure - Studio: Optimale - DVD A tous ceux qui ont apprécié ce superbe téléfilm lors de son passage sur France2, je conseillerai de visionner ce DVD pour la richesse de ses bonus. A toutes les qualités de la "fiction", s'ajoute dans les bonus les commentaires de Jean Le Bitoux qui explique qu'il n'y a pas eu de rafles d'homosexuels. Mais si Jean (le héros du film) est envoyé en camp c'est surtout parce qu'il aurait pu recueillir les confidences de son pseudo-amant gradé allemand. Les scènes les plus atroces de la vie en camp de concentration sont inspirées du témoignage de Pierre Seel ("Moi Pierre Seel, déporté homosexuel"). En bref, l'alliance subtile des sentiments, de l'intelligence, de l'engagement et d'une recherche historique dans une fiction qui honore le service public de la télévision. |
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On peut lire :
- Encyclopédie multimédia de la Shoah, LA PERSÉCUTION DES HOMOSEXUELS SOUS LE TROISIÈME REICH
- Quelques réflexions et interrogations sur le massacre des homosexuels par les nazis de Michel Vincineau
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